Jamais deux sans trois

Publié le par Alicepattes

Période d'abstinence cinématographique pendant des mois, et hop, d'un coup, 4 films en une semaine.

Après l'excellent "Scoop" la semaine dernière, le week fut donc placé sous le signe du 7e art m'sieurs dames. 3 films, 3 genres.

Ca commence avec Little Miss Sunshine. Une petite perle de cinéma indépendant signée Jonathan Dayton et Valerie Faris, à qui on ne devait que des clips jusque là. Avec Little Miss Sunshine, on embarque pour un road movie familial. Galerie de personnages loufoques et émouvant, du grand père heroïnomane au frangin homosexuel suicidaire, en passant par le fils muet ou le père en quête de réussite. Quand toute la petite famille  traverse la Californie en Van pour emmener la petite dernière concourir au prix de Little Miss Sunshine, ca fait des étincelles. Rien de tel pour ressouder les liens. Acteurs, scénario, mise en scène impeccables à l'image de Sideways (autre "road movie" mais vinicole cette fois), Little Miss Sunshine est un rayon de soleil automnal dont le coup d'éclat reste sans doute la scène finale (à mourir de rire). Une comédie comme on aimerait en voir plus souvent.

21h30. Et si on se faisait un deuxième film dans la foulée ?
Ne le dis à personne. De qui ? de qui ? De guilllllllaummmmme Canet of course. Mon charmant Guillaume, de retour derrière la caméra après un premier galop d'essai plutôt réussi avec Mon Idole. Cette fois, le jeune homme s'attaque au thriller en adaptant le bouquin d'Harlan Coben (je ne sais plus combien d'exemplaires vendu dans le monde mais ça ne dit pourtant rien à personne - mystère littéraire), bref cette fois, c'est du sérieux, ça va saigner.
L'histoire rapidouille : Alors qu'elle a été assassinée 8 ans plus tôt, la femme de Cluzet refait son apparition par web cam interposées. Rêve ou réalité, Cluzet mène l'enquête quand la police, qui vient de mettre la main sur de nouveaux indices, voit un lui le coupable idéal.
Dis moi lecteur, est ce que tu suis ? Bon, parce que moi, pour suivre, il a fallu que je me concentre vachement. Car ok, la mise en scène est excellente. Rythmée, fluide, et soutenue par une bande son superbe signée Mathieu Chédid. Ok les acteurs sont au top de leur forme (sacrée brochette de stars pour vous servir : Baye, Scott Thomas, Lellouch, Berléand, Croze...et Cluzet, excellent il faut le dire). Mais côté scénario, c'est plutôt alambiqué. Alors on adhère. On se laisse porter par l'intrigue et cette cadence à l'américaine, jusqu'au dénouement qui, malheureusement, comme souvent, part un peu en "sucette". Pas de coup d'éclat au final. Cependant, comme dirait je ne sais plus quel critique dans je ne sais plus quelle revue, y a à parier que notre Guillaume va nous livrer un chef d'oeuvre d'ici peu. On croise les patounes !

(j'suis épuisée moi, de raconter tout ça)

Dimanche. Hop ! Labyrinth de Pan de Guillermo Del Toro (on lui doit Mimic, Blade 2 ou HellBoy. Pas trop mon genre mais ne nous fions pas aux apparences surtout quand la critique dit Waouu).
Cette fois on plonge en Espagne. 1944. Fin de la guerre. A la tête de l'armée franquiste le capitaine Sergi Lopez (terrifiant d'ignominie - ca ne se dit pas mais ça fait peur !) mène la vie dure aux résistants. A ses côtés, sa nouvelle épouse et sa belle fille, Ophélia, perturbée par ce nouvel univers. Seul échappatoire face à tant de cruautés : le monde des fées. Guidée par ses dernières, Ophélia va tenter de retrouver le royaume auquel elle appartient, et dont elle est reine.
A vu de nez, ça semble bien plus tordu que le scénario de Ne le dit à personne mais non non non, ça n'est pas le cas.
Ici, il est question d'onirisme. Del Toro met en parallèle le monde réel, sa cruauté, et le monde de rêves, celui qui nous aide à avancer. D'épreuves en épreuves l'héroïne fait face aux démons et qui plus est aux siens, au mal qui l'entoure. Il y a un peu de Lewis Caroll, un peu de Franck Oz, un peu de légende (au sens littéral et cinématographique du terme). 
Ici il est question de mondes d'horreur et de merveilles (mis en avant par une image superbement léchée) et de créatures étranges (superbement réalisées - bien loin des effets numériques aseptisés).
Le labyrinthe vaut que l'on s'y perde un peu. 
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Publié dans Alicepattes

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